D'architectures

D'architectures

Présentation: 
D'a est un magazine mensuel, édité par Innovapresse & Communication, destiné aux professionnels de la création architecturale.

Magazine d’actualité et de réflexion critique, d’a observe le monde à travers le prisme de l’architecture : des débats techniques à la photographie, de l’économie du projet à la muséographie, des questions environnementales aux arts plastiques ou des mutations esthétiques à la psychanalyse.

C'est un magazine libre et indépendant de toute institution, Ordre, entreprise du BTP ou groupe d’architectes. Il est uniquement financé par les abonnements, la vente en kiosque et l’apport des annonces publicitaires.

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Clichy

Actualités de D'architectures

D’architectures N°266

L’historien, autodidacte et les poètes
 

Lorsque l’on observe les forces et courants qui animent la conception architecturale actuelle, un consensus semble d’abord se manifester autour, non pas de ce qu’il faudrait faire, mais plutôt de ce qu’il ne faudrait pas faire : ne plus faire abstraction du passé. Mais lorsque l’on s’intéresse plus en profondeur à ces discours et que l’on s’attache aux mots qu’emploient les architectes pour parler de ce passé, qu’il soit physiquement présent ou qu’il ne survive que dans les livres, on assiste à une grande confusion : des concepts, apparemment proches mais plus ou moins bien maîtrisés, recouvrent bien souvent des idées très opposées. C’est incontestablement celui d’Histoire qui génère le plus de polysémie ou de contresens.

D’architectures N°265

Hélio(s)

C’est un ingénieur-constructeur que nous connaissons et admirons depuis des années sans jamais lui avoir consacré de pages, si ce n’est à travers l’œuvre d’architectes avec lesquels il entretient une créative complicité, une relation féconde dont ils témoignent tous unanimement. Il ne s’agit pas de Jean Prouvé mais de Hélio Olga, un ingénieur-constructeur brésilien de São Paulo. À rebours de l’exubérance d’un Calatrava, ce petit-fils de charpentier né en 1955 cultive un sens aigu de la frugalité, une apparente simplicité, fruit d’un long travail d’épure qu’exprime l’élégance de ses structures. Formé – comme il se doit au Brésil – au béton, il a pourtant choisi une autre voie et décidé de développer la construction en bois. 

D’architectures N°264

Au pays du camembert

Menacées par la privatisation de pans entiers de l’espace public, les grandes villes et les métropoles n’en ont pas moins acquis un indéniable savoir-faire en matière de fabrication urbaine et d’architecture. La raréfaction du foncier a au moins un avantage, elle permet encore à la puissance publique de contenir la violence des investisseurs et de la promotion privée, des acteurs dont l’objectif n’a – par essence – jamais été de travailler pour le bien commun. Sincères ou non, que ce soit sur le site des halles Pouchard sur le canal de l’Ourcq à Pantin ou pour « Faire Paris autrement » à Saint-Vincent-de-Paul les Grands Voisins et autres « Réinventer » d’Île-de-France, les promoteurs ambitieux se doivent désormais d’afficher d’avenants et vertueux visages : co-jardinage, co-working, co-partage, co-fooding, co-living, co-corico…

d'a Intérieurs n°263 - Juin 2018

Chaque mois de juin est l’occasion pour le magazine d’a d’explorer le large et riche champ de l’architecture d’intérieur. Vous découvrirez tout d’abord une sélection de mobilier pour le tertiaire, de showrooms et d’expositions design avant de revenir plus longuement sur l’un des grands rendez-vous du design : le salon de Milan d’avril dernier. Ce sont surtout vingt-deux réalisations d’intérieur de boutiques, hôtels et restaurants d’une part, d’espaces de travail d’autre part, que nous avons choisi de vous présenter et qui marquent le meilleur des livraisons de l’année écoulée. 

D’architectures N°262

Éditorial / É(V)LAN !
Il faudrait recenser tous les obstacles retardant la construction de logements : lourdeur des mécanismes d’acquisition du foncier, complexité des montages financiers, tyrannie des normes, interminable attente des permis de construire, longs délais d’approbation des plans d’architecte par les maîtres d’ouvrage, changements d’équipes municipales remettant en cause les projets de leurs prédécesseurs, maires refusant les logements sociaux, recours des tiers exigeant – on ne sait pourquoi –, un jardin plutôt que des immeubles, entreprises défaillantes ou incompétentes… et j’en oublie sûrement. Inutile d’être un expert pour imaginer le coût que ces obstacles représentent dans la facture globale du logement en France. Alors, lorsqu’un gouvernement veut prendre des mesures pour construire mieux et moins cher, on se réjouit à l’idée que c’est à ces obstacles qu’il va s’attaquer.

D’architectures N°261

Éditorial / Slow-tech
N’en déplaise aux amateurs de spectaculaire et aux démagogues des politiques urbaines, l’architecture
innovante n’a pas besoin de se parer de formes extravagantes ou de se planter mille arbres sur le crâne. Nous savons par ailleurs que le verdissement à tout prix, l’obsession de l’isolation thermique ou l’accoutrement technologique à outrance des bâtiments – chevaux de Troie d’une normalisation galopante – sont souvent les pires ennemis du développement durable : combien d’énergie grise gaspillée pour planter des navets sur les toits ?
Davantage de technologie ; sûrement, mais seulement si elle est utilisée pour en minimiser la dépendance. Pour le dire autrement : se jouer de la complexité pour tendre vers une plus grande simplicité. C’est sans doute à ce prix que le progrès peut redevenir une valeur positive. Nous voyons ainsi aujourd’hui des savoirfaire ancestraux – terre, bois ou pierre – optimisés grâce à une ingénierie de pointe.

Les petites et moyennes agences d’architecture menacées

C’est dans le bâtiment de la Monnaie de Paris réhabilité par l’agence de Philippe Prost que d’architectures et la MAF ont organisé le 24 janvier dernier une soirée où étaient invités tous les abonnés de d’a. Cet événement leur a offert l’opportunité de visiter le musée et  l’exposition du 11 Conti, "Women house : La maison selon elles". Lors des vœux de bienvenue, Emmanuel Caille, rédacteur en chef du magazine a voulu rappeler les menaces qui pèsent aujourd’hui sur les petites et moyennes agences.

D’A numéro 259

​Éditorial / Œcuménisme et soft power

Des pyramides au palais Bourbon en passant par le château de Versailles, l’architecture s’est toujours mise au service du pouvoir, qu’il soit d’ordre divin, démocratique ou despotique. Mais que sa nature soit tyrannique ou non, le pouvoir ne veut plus aujourd’hui se montrer coercitif ou arrogant. Au contraire,  il cherche désormais à renvoyer davantage une image d’humilité ou de bienveillance. La Culture est devenue ce moyen privilégié par lequel les États peuvent moins brutalement exercer leur hégémonie. Depuis 1990 (1), on parle de soft power pour qualifier ce jeu d’influence. Avec le Louvre du golfe Persique, la France et Abu Dhabi inaugurent un modèle de soft power partagé où chacun, malgré ses différences, devrait en principe y trouver son compte en matière de séduction géopolitique. Grâce au patrimoine et au savoir- faire muséologique qu’elle exporte, la première se donne une stratégie pour faire rayonner sa prestigieuse culture quand l’autre offre au monde l’image d’un libéralisme culturel qui tranche intentionnellement avec l’autoritarisme de sa gouvernance, comme avec le sectarisme de son grand voisin wahhabite.

D’architectures N°258

Éditorial / Agoraphilie

Les architectes ont toujours cherché à ouvrir leur discipline à d’autres champs que le leur. Une ouverture nécessaire à qui prétend comprendre le monde pour et dans lequel il construit. Cette attention aura malheureusement été rarement payée en retour : la culture architecturale – que l’on étend ici également aux champs de l’urbanisme et du paysage –, avec son jargon, ses codes et ses valeurs esthétiques, demeure irrémédiablement obscure, si ce n’est suspecte, aux néophytes. Mais s’ils ne parlent pas le même langage, comment rendre possible un dialogue entre différents acteurs – professionnels, édiles, habitants – engagés autour d’un projet ? « Faute de modèles, nous ne savons pas voir esthétiquement », nous rappelle dans ces pages le philosophe Alain Roger.

D’architectures N°257

Éditorial / Analphabètes

À écouter les architectes, beaucoup de maires s’arrogent le droit de vie et de mort sur leurs projets – notamment pour les logements –, réfutant tel lauréat d’un concours ou exigeant de modifier tel projet jugé trop HLM (comprendre contemporain). L’arbitraire de quelques petits barons ignorants qui demandent à changer la couleur d’un enduit ou la forme d’une toiture est courant. Malheureusement, les architectes n’osent que rarement témoigner publiquement de ces abus de pouvoir. Notre enquête montre cependant que la réalité est plus complexe. On y découvre que l’architecture est surtout instrumentalisée à des fins électorales. Ainsi des recours de plus en plus fréquents déposés par des citoyens contre une opération. Ils sont bien souvent déclenchés en sous-main par l’opposition municipale, un système fort répandu aujourd’hui, à gauche comme à droite. Lorsque celle-ci parvient à se faire élire, elle peut alors stopper les projets en arguant de sa légitimité démocratique.

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