EXÉ#30 décembre / janvier / février

EXÉ#30 décembre / janvier / février

TRAITS

À l’origine, il y a la main, le trait à la main, pour esquisser ce qui plus tard sera construit. Ensuite le trait informatisé prend le relais et permet à l’architecte de transmettre aux constructeurs, l’ouvrage détaillé dans son intégralité. Pour ce numéro exceptionnel, nous présentons une sélection de 15 bâtiments à travers croquis à la main, plans, coupes, élévations, détails, diagramme et autre axonométrie. L’architecture au trait, l’essence de la conception et des intentions constructives.


ÉDITO

Au départ il y a la main, tel le prolongement de l’esprit, qui permet de transmettre à autrui le projet au travers du dessin. Car sans transmission, pas de construction. Sans convoquer l’histoire de façon primaire, il est quand même sain de se rappeler que les plus grandes cathédrales ont été construites grâce à ce seul matériel graphique sur papier. Bien normalement, les outils à la disposition des architectes ont évolué, de plus en plus numériques, de plus en plus rapides, de plus en plus pratiques. L’architecture aux traits effectue en ce moment une nouvelle transition ; après celle qui a vu la CAO supplanter la table à dessin, il s’agit d’intégrer le processus BIM qui transpose le dessin en objets intelligents. Nous avons donc interrogé des experts, des acteurs et des utilisateurs de cette nouvelle méthodologie qui place le bâtiment au centre d’un processus collaboratif avancé. Afin de faire le point sur sa maturité, ses fondements et ses usages.
En dédiant cette trentième édition d’exé aux traits, c’est-à-dire à la représentation graphique de l’architecture, nous souhaitions comprendre de quel statut celle-ci était dotée au sein du processus de conception du projet ; des premiers croquis à main levée au dossier d’exécution. N’est-elle qu’un simple outil ? un révélateur d’intentions ? un laboratoire d’expérimentations ? Si les vues géométrales, plans, coupes, élévations, sont évidemment les documents primordiaux qui doivent permettre la construction du projet tel qu’il a été pensé, les premières esquisses à la main, les schémas d’études et autres diagrammes conceptuels sont généralement plus sensibles. Ils témoignent des premières intentions, qui parfois guident la conception jusqu’au bout, qui parfois sont remises en cause ou modifiées durant le processus. Représentatifs des réflexions, questions et hésitations qui nourrissent les phases d’études, ils sont le ciment des archives d’un projet, voire d’une œuvre complète. À l’image de Victor Horta (1861-1947) qui détruisit la totalité de ses dessins lorsqu’il rejeta violemment le mouvement art nouveau dont il fut le héraut, la production graphique semble être finalement un témoin aussi important que l’œuvre construite elle-même. 

Nous vous donnons rendez-vous le 23 février 2018 pour la 31e édition d’exé consacrée à la structure bois et à la construction passive.

Nadège Mevel
Rédactrice en chef
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