Revue de Presse

in interiors #10 : 5ème façade

TOIT, TOIT, MON TOIT…

Faire d’une contrainte une opportunité. C’est un peu toute l’histoire de la vie du toit, cet objet très identifié aux fonctionnalités restées trop longtemps délimitées et limitées. En mutant vers la bien nommée 5ème façade, cet espace s’est trouvé une occupation, une fonction et même une vocation. Tour à tour récréatif, productif, contemplatif, le toit se joue des adjectifs et des usages. Et déjoue tous les pronostics pour se muer en lieu de vie et se penser lien social.  

 

Récréatif. Adieu le toit aux tristes et grises connotations haussmanniennes, bienvenue au… rooftop, ce nouveau territoire d’expression artistique où se mêlent les gens, les couleurs et les usages. Rehaussée par un mobilier qui conjugue design et innovation, cette 5ème façade prend alors des allures de fête. 
 
Productif. Plus surprenant, le toit se pare de vertus nourricières. À l’échelle de l’agriculture urbaine qui fleurit littéralement sur les toits, recréant ainsi une biodiversité souvent oubliée, voire annihilée en ville. À l’échelle d’une entreprise également qui investit, sans complexe, cette 5ème façade pour en faire un lieu de réunion, mais aussi de travail et pourquoi pas d’inspiration, de créativité et de performance.  
 
Contemplatif. Jamais il ne faut délaisser la fonction contemplative et inspirationnelle des lieux. Prendre de la hauteur, quoi de plus naturel sur un toit. Cette nouvelle façon de prendre possession de la 5ème façade donne à la ville une autre perspective et aux immeubles une fonction différente ou plutôt une interaction nécessaire. Penser aux toits, c’est penser une ville qui reconquiert des espaces jadis inutiles, improductifs, stériles. Envahir les toits, c’est regreffer le bâti à la cité, les hommes à l’urbain, la vie à la ville.

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D’architectures N°278

Veut-on enterrer la réforme de l’enseignement de l’architecture ?

Le décalage entre l’importance qu’accordent les architectes au rôle de leur art dans la société et celle que celle-ci leur accorde leur a toujours paru incommensurable. Ce malentendu se manifeste dès l’enseignement de la discipline : un élève en école nationale supérieure d’architecture coûte par exemple beaucoup moins cher à l’État qu’un étudiant en sciences humaines (réputées mal dotées) à l’université. Dès 2012, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti avait pourtant lancé une ambitieuse consultation sur l’enseignement de l’architecture. Rendu en 2013, le rapport qui en était issu pointait la nécessité d’une réforme visant à aligner le système des études d’architecture sur celui de l’Enseignement supérieur, refondant la gouvernance des écoles en leur octroyant plus d’autonomie et plus de postes d’enseignants titulaires ou associés. 

D’architectures N°277

La dimension cachée ?

Il arrive que les choses que nous croyons et ressentons comme relevant de l’essence même de notre nature d’être humain nous apparaissent soudain dans leur prosaïque réalité : des sensations, des comportements et des certitudes surtout déterminés par notre culture. On l’expérimente d’abord avec les tout petits enfants, pour lesquels l’apprentissage de chaque acte ne va jamais de soi. On l’éprouve ensuite dans le contact avec les autres cultures, comme l’anthropologie nous l’a montré depuis la découverte du Nouveau Monde jusqu’aux récits de Lévi-Strauss.

d'a Intérieurs n°263 - Juin 2018

Chaque mois de juin est l’occasion pour le magazine d’a d’explorer le large et riche champ de l’architecture d’intérieur. Vous découvrirez tout d’abord une sélection de mobilier pour le tertiaire, de showrooms et d’expositions design avant de revenir plus longuement sur l’un des grands rendez-vous du design : le salon de Milan d’avril dernier. Ce sont surtout vingt-deux réalisations d’intérieur de boutiques, hôtels et restaurants d’une part, d’espaces de travail d’autre part, que nous avons choisi de vous présenter et qui marquent le meilleur des livraisons de l’année écoulée. 

D’architectures N°261

Éditorial / Slow-tech
N’en déplaise aux amateurs de spectaculaire et aux démagogues des politiques urbaines, l’architecture
innovante n’a pas besoin de se parer de formes extravagantes ou de se planter mille arbres sur le crâne. Nous savons par ailleurs que le verdissement à tout prix, l’obsession de l’isolation thermique ou l’accoutrement technologique à outrance des bâtiments – chevaux de Troie d’une normalisation galopante – sont souvent les pires ennemis du développement durable : combien d’énergie grise gaspillée pour planter des navets sur les toits ?
Davantage de technologie ; sûrement, mais seulement si elle est utilisée pour en minimiser la dépendance. Pour le dire autrement : se jouer de la complexité pour tendre vers une plus grande simplicité. C’est sans doute à ce prix que le progrès peut redevenir une valeur positive. Nous voyons ainsi aujourd’hui des savoirfaire ancestraux – terre, bois ou pierre – optimisés grâce à une ingénierie de pointe.

D’A numéro 259

​Éditorial / Œcuménisme et soft power

Des pyramides au palais Bourbon en passant par le château de Versailles, l’architecture s’est toujours mise au service du pouvoir, qu’il soit d’ordre divin, démocratique ou despotique. Mais que sa nature soit tyrannique ou non, le pouvoir ne veut plus aujourd’hui se montrer coercitif ou arrogant. Au contraire,  il cherche désormais à renvoyer davantage une image d’humilité ou de bienveillance. La Culture est devenue ce moyen privilégié par lequel les États peuvent moins brutalement exercer leur hégémonie. Depuis 1990 (1), on parle de soft power pour qualifier ce jeu d’influence. Avec le Louvre du golfe Persique, la France et Abu Dhabi inaugurent un modèle de soft power partagé où chacun, malgré ses différences, devrait en principe y trouver son compte en matière de séduction géopolitique. Grâce au patrimoine et au savoir- faire muséologique qu’elle exporte, la première se donne une stratégie pour faire rayonner sa prestigieuse culture quand l’autre offre au monde l’image d’un libéralisme culturel qui tranche intentionnellement avec l’autoritarisme de sa gouvernance, comme avec le sectarisme de son grand voisin wahhabite.

NDA n°40

Nos modes de vie changent. Nous voyons les choses évoluer et disparaître certaines habitudes et certains métiers. A l'heure des oreillettes de traduction instantanée, la mobilité est de mise ainsi que la rapidité. Tout évolue à une vitesse vertigineuse. Toutefois, avec l'attitude environnementale devenue impérative, un retour aux sources s'impose. 

Dans ce monde plein de contradictions, où les frontières entre l'hôtellerie, le tertiaire, le retail, et voire même le résidentiel, disparaissent, il existe des points communs. Ce sont les mots d'ordre tels que confort, bien-être, mobilité, flexibilité, communication, échanges...

DETAIL numéro de mars 2020

Mobilité

Detail est la première revue indépendante d'architecture allemande. Son point fort est constitué par la présentation particulièrement bien documentée de projets architecturaux exemplaires, analysés jusque dans leurs détails de construction-présentés avec le plus grand soin.
Elle est plus qu´une revue spécialisée. La même ambition de qualité anime tout ce que Detail propose en plus à ses lecteurs au-delà de son contenu de magazine d´architecture.
Detail choisit des réalisations récentes présentant de nouveaux partis pris architecturaux.

Hors-série 23 Bétons & architectures

Le numéro spécial Béton & Architectures, engage une discussion entre deux métiers, éloignés et, en même temps, intimement liés : architecte et industriel.

Lorsque l’on parle d’architecture, la part d’imaginaire a une place prééminente. Du coup de crayon abstrait, à l’image de ceux de Frank Gehry, aux projections globales d’un idéal d’urbanisation, comme l’a fait en son temps Le Corbusier, chaque architecte a son propre univers. Une démarche particulière. Certains, comme Tadao Ando, vont s’intéresser aux formes. D’autres s’imprègnent du climat social et urbain du lieu d’accueil. 

SÉQUENCES BOIS n°124: Réemploi

Penser les vies ultérieures du matériau bois

305 tours Eiffel. C’est la masse que représentent les déchets de bois produits chaque année par le secteur du BTP français*. Si 22% sont valorisés en énergie, 57% en matières et produits organiques (panneaux de particules, pâte à papier, paillage,…), le reste est enfoui. Rien que dans le secteur de la menuiserie, on cache sous nos pieds l’équivalent masse de 32 tours Eiffel tous les ans**. Si l’on peut se féliciter du recyclage d’une majeure partie, on ne peut nier qu’entre une poutre forte de capacités structurelles et/ou de valeurs esthétiques et patrimoniales, et de la poussière de bois, la perte de valeur est conséquente. Avant le XXème siècle, personne n’aurait gaspillé un tel gisement. Millénaire, le réemploi était une pratique banale, les déconstructions étant toujours destinées à la récupération des matériaux.

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