exé N°35 – MARS / AVRIL / MAI

exé N°35 – MARS / AVRIL / MAI

Si quelques aménageurs croient encore au zoning d’antan, les opérations urbaines récentes misent généralement sur la mixité des fonctions. Ainsi, les programmes tertiaires voisinent plus souvent avec les logements collectifs, les équipements, les commerces, soit, avec tout ce qui fait la ville. Ils se voient alors dotés de responsabilités nouvelles quant à leur présence ; qu’il s’agisse d’architecture ou d’usages. Au-delà des innovations actuelles sur l’aménagement des espaces de travail, il est donc bien question de concevoir des bâtiments de bureaux moins anonymes et plus en dialogue avec leur environnement immédiat. Et si les contraintes économiques et ergonomiques restent prégnantes, le programme tertiaire devient tout de même un champ de recherches de plus en plus large pour les architectes.
Les six projets présentés ici répondent chacun à des problématiques et des enjeux différents et complexes mais ils ont tous en commun une attention plus sensible à leur environnement proche. Il en va ainsi du siège de la FDEL à Cahors que l’Atelier d’architecture Franck Martinez fait délicatement flotter au-dessus d’un sol inondable mais précieux. Et il en va de même, à une tout autre échelle, pour la Marseillaise que Jean Nouvel a érigée avec autant d’emphase que de considération, à l’interface entre la ville et la mer Méditerranée. Il est à noter également que les contextes des projets se diversifient ; construire dans la ville dense ou au sein d’un nouveau quartier ne génère pas les mêmes questionnements. À Paris, en plein cœur de 8e arrondissement, l’agence pca-stream a rénové et transformé un ancien site militaire avec force lumière et élégance. Et dans le 17e, les architectes de ChartierDalix et Brenac & Gonzalez participent de la ville en cours de redéveloppement sur la ZAC Clichy-Batignolles par l’édification d’un corps vibrant et fondé. Et là où le sujet devient passionnant c’est qu’il n’est, évidemment, jamais question de singer les autres constituants de la ville ; un bâtiment de bureaux reste un bâtiment de bureaux et n’a pas à acquérir la domesticité d’un ensemble de logements, ni la dimension accueillante d’un équipement public.

Nous vous donnons rendez-vous le 17 mai 2019 pour la 36e édition d’exé consacrée aux enveloppes minérales, aux toitures terrasse et aux revêtements de sol.

Nadège Mevel
Rédactrice en chef
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